02
Mai 2017

Après la série de mesures prises récemment par le Gouvernement en vue d’amorcer le règlement de la crise politique en cours dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis plusieurs mois, le MRC s’est félicité de la nouvelle posture du pouvoir. Il a en conséquence encouragé celui-ci et les nouveaux leaders légitimes anglophones à surmonter les obstacles qui se dressent encore devant eux pour mener un dialogue politique sincère, afin de régler en profondeur les problèmes qui menacent l’unité de la nation à laquelle tous les Camerounais tiennent tant, et de permettre le retour des élèves dans les classes.

Alors que tous ceux qui veulent vraiment le retour de la paix dans cette crise, qui pénalise politiquement, économiquement et diplomatiquement notre pays, espéraient que le pouvoir  renforce les mesures de confiance déjà engagées en libérant les personnes arrêtées et détenues, les Camerounais ont été surpris d’apprendre qu’un mystérieux « consortium » des parents d’élèves a porté plainte contre des évêques et des prêtres de l’église catholique et des modérateurs de l’église presbytérienne.

Sans vouloir s’étendre sur la curieuse inégalité de traitement entre « consortiums » de la part de l’administration, le MRC appelle l’attention du Gouvernement sur la dangereuse dérive qui est entrain de s’opérer à travers ces plaintes et procédures judiciaires contre des responsables religieux.

En effet, derrière la condamnation au civil recherchée de ces hauts dignitaires religieux, c’est leur condamnation au pénal comme complice des actes de terrorisme qui se dissimule. Or, leur seul « crime » n’est-il pas, en définitive, d’avoir affirmé qu’il existe réellement un problème anglophone au Cameroun et d’avoir proposé des solutions pour la résolution pacifique de ce problème, notamment en exhortant le pouvoir à faire preuve d’ouverture et de dialogue? Et le pourvoir lui-même n’a-t-il pas reconnu de guère lasse qu’il existe un problème anglophone dans notre pays ?

Le MRC, conscient des efforts que font les églises catholique et presbytérienne pour suppléer aux multiples défaillances de l’État dans les secteurs de l’éducation et de la santé sans une reconnaissance nationale suffisante, apporte son soutien à ces deux institutions ainsi qu’à leurs hauts responsables dont les forces obscures tentent en ce moment de salir l’honneur.

Le MRC appelle les dirigeants de ces institutions à ne pas céder à ce qui est clairement une provocation mais au contraire, à continuer à œuvrer, comme toujours, à être une authentique force de proposition et d’encouragement au dialogue fondé sur la justice et l’attachement à la paix.

Le MRC soutient que la recherche du bouc-émissaire est une fuite en avant et ne règlera pas la crise actuelle dont chacun mesure l’ampleur et la gravité.

Le MRC réitère son appel à un véritable dialogue, sous-tendu par une réelle volonté politique et d’instauration de la justice sociale. La réalisation de ce dialogue serait accélérée par la mise en liberté des personnes arrêtées dans le cadre de cette grave crise, le rétablissement récent de l’Internet dans les régions anglophones ne devant pas être l’arbre qui cache la forêt des problèmes de fond. La mise en œuvre de ce dialogue demandée par tous permettrait à notre peuple, uni, de retrouver la sérénité et d’affronter ensemble les multiples défis auxquels fait face notre pays.

La Communication du MRC
02 Mai 2017